La nuit sans TOI.T


Ateliers d’écriture sur les usages de la ville nocturne auprès de sans abri et balade poético-solidaire scénographique / Mars – Juillet 2018 / La Halte de nuit, La Nizanerie, à la criée, Collectif Fil / Financement ville de Nantes

 

« Qui songe, lorsqu’il s’endort, à celles qui travaillent dans le froid, à ceux qui luttent pour une place à l’abri, qui s’acharnent à faire tenir la fierté de chacun.e jusqu’au lever du jour ? Dans la rue, nos vies se croisent souvent sans jamais se connaître. Mais il m’est apparu que certaines d’entre elles ont plus de coffre pour se faire entendre. Alors, lorsque l’on entend des chuchotements dissonants, on fantasme, on devise à l’emporte-pièce sur des situations que bien souvent nous ignorons.

Cette balade est un porte-voix. Un cri dans la nuit qui clame haut et fort ; nous existons au moins autant que vous, et avec davantage de poésie s’il le faut. Quelque peu ébahis par cette dérive dans la nuit, nous quittons ces chaleureux allumés pour aller rêver sous d’autres cieux. »

 

A travers un engagement auprès de publics vulnérables la nuit, la ville de Nantes souhaite utiliser certains leviers pour favoriser l’inclusion sociale. C’était alors l’occasion pour notre équipe de proposer un projet s’adressant aux sans abri et au milieu des bénévoles qui les entourent (maraudes, hébergement d’urgence) en leur donnant la parole pour qu’ils expriment leur usage de la ville nocturne.

Pour cela, notre équipe proposait des ateliers collectifs d’écritures pour faire s’exprimer les personnes sur leur usage de la ville nocturne : leurs parcours, leurs ressentis, leurs galères, leurs coups de cœur aussi et leurs propositions pour améliorer la ville nocturne.

Se déroulant à la Halte de Nuit, les ateliers traitaient également de 3 thématiques : les besoins fondamentaux la nuit (dormir, manger, boire, sécurité, culture, loisirs) / la cohabitation avec les autres usagers de la ville et de la nuit (solidarités, indifférences, conflits) / l’impact de ces nuits difficiles sur l’accès aux soins et aux droits (hébergement, logement).

 

Ensuite, une balade nocturne a été organisée à l’aide de nos guides d’une nuit. L’objectif ? Interpeller le grand public, échanger, susciter les réactions.

A l’aide du travail d’écriture mené et d’éléments scénographiés, la déambulation pouvait commencer en centre ville. La caravane passait, les échanges pouvaient prendre place : lectures de textes, pochoirs, mots à la volée. Sans-abri, bénévoles, badauds, tous se prêtent au jeu. Après une flânerie de près de huit heures, la balade se termine avec une vingtaine de voyageurs, qui suivent toujours la charrette-amirale.

« un sonnet écrit en lettres capitales sur un mur sans fin, une mise en lumière d’une entrée de garage, des points de vue permettant de distinguer mille détails qui nous échappent le jour… T. nous amène à travers les mots et les murs à nous questionner sur l’invisible de la nuit. »