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Prendre part à un cadavre exquis au centre de l’exposition sur Simone et Lucien Kroll au Lieu Unique, telle a été la proposition du Collectif ETC. Le collectif, invité par Patrick Bouchain, a mis en place un appartement témoin en carton dans l’exposition, lieu d’expérimentation de la notion d’habiter. Une occasion pour le Collectif Fil d’expérimenter la matière, l’espace scénographique, l’intimité et le seuil, et de tester une nouvelle collaboration avec l’association Egrainage.

  • Scénographie, Résidence, Réflexion sur l’habitat
  • Novembre 2013
  • Lieu Unique, Nantes
  • Invitation du Collectif Etc. à participer à l’exposition de Simone et Lucien Kroll au Lieu Unique, réalisée par Patrick Bouchain. Collaboration avec l’association Egrainage.

 

.A la George Perec…

On met un appartement dans une exposition.

Ensuite, on oublie qu’il y a une exposition, on ne sait plus ce qu’il y a derrière cette exposition, on ne sait plus qu’il y a une exposition, on ne sait plus que cette exposition est une exposition, on ne sait plus ce que c’est qu’une exposition.
On ne sait plus qu’autours de notre appartement, il y a une exposition, et que s’il n’y avait pas d’exposition, il n’y aurait pas d’appartement.
Mais on oublie aussi l’appartement, on ne le regarde plus, on ne sait plus le regarder. On a mis l’appartement dans l’exposition pour oublier qu’il y avait une exposition, mais en oubliant l’exposition, on oublie aussi l’appartement.
Il y a parfois des appartements parce qu’il y a des expositions. Il faut pouvoir oublier qu’il y a des expositions et l’on n’a rien trouvé de mieux pour ça que les appartements.
Mais l’appartement est en carton. L’exposition aussi est en carton.
Alors pour oublier ce monde de carton, la krollocation raconte des histoires, des histoires à dormir debout et des histoires à y dormir pour de bon.

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.Notion d’habiter

Nous avons souhaité avant tout habiter l’appartement témoin, comme nous aurions habité notre propre appartement, avec les marques d’appropriations que cela implique. Mais voilà, nous sommes au milieu d’une exposition et d’un flot incessant de visiteurs qui varient selon l’heure et le jour, et puis, nous sommes observés.

Se pose alors très vite la notion du dedans-dehors, de la limite de l’intimité, du rapport au voisinage, à l’espace partagé, aux invités, aux curieux.

Par la vidéo nous avons souhaité inclure le jardin de Simone Kroll aux abords du Lieu Unique, élargissant ainsi la notion d’habiter, en faisant référence aux lieux différents et spatialement identifiés qui composent l’habitat et le chez-soi. N’est-on pas aussi chez nous sur le trottoir, dans la rue et dans le quartier, à proximité de notre intimité ?

Un travail sur les façades de l’appartement témoin, sur l’entrée d’un immeuble fictif, renvoie à la question de l’image que dégage un habitat du dehors, pour les autres et pour soi. Où est le seuil ? Comment et quand je reconnais ma propre maison ? Comment les autres franchissent la frontière de mon intimité ? Les rites et les codes ne sont-ils pas induits par l’espace ?
L’espace d’entrée est ainsi retravaillé.

Enfin, à l’intérieur même de l’appartement, différents degrés d’intimité se créent, des lieux de vie partagés ou d’accueil, aux lieux de repos ou de coulisse.

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.Réemploi

Habiter l’exposition a été l’occasion de travailler la mise en œuvre de matériaux, issus du réemploi pour la plupart, la qualité plastique, en composant avec les éléments laissés par les précédents occupants : carton, origami, écriture, découpage, livres, bois. Pour ainsi composer diverses ambiances, à l’aide de lumière et de son.

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.Improvisation

L’expérience s’est déroulée comme un moment riche en partage, en désaccord aussi. Après avoir questionné nécessairement ‘’l’habiter’’, nous avons laissé place à l’improvisation et à l’expérimentation, en réaction au passage des visiteurs, des collaborateurs divers et variés qui sont venus nous soutenir/questionner/rencontrer durant la résidence. La notion d’intimité et de seuil s’est mise en place simplement à travers nos comportements spontanés et celui des badauds.

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