Permaculture


Répondre à l’appel à projet Europan est pour Fil, l’occasion de synthétiser et de faire entrer en résonance une année de travail sur des projets au sein du Collectif, avec d’autres visions et concepts développés par d’autres équipes européennes. Des projets de terrain comme la Nizanerie, co-construction d’un espace public et mise en place d’un réseau de projets sur un micro- territoire, ont permis de nourrir la démarche europan. Ainsi, Permaculture développe une méthodologie cohérente avec la démarche qui se met en place simultanément au sein du Collectif et nous permet de répondre au thème de la ville adaptable, et d’élargir nos réflexions.
Aujourd’hui, une phase pré-opérationnelle est en train de se mettre en place avec la ville de Saint Herblain qui consulte les trois équipes lauréates, afin de les remettre en concurrence.
  • Urbanisme, Concours d’idée
  • Avril-juin 2013
  • Quartier de Preux, Saint Herblain
  • Concours d’idée ouvert aux jeunes équipes d’architecte avec la volonté d’impulser des démarches innovantes pour la fabrication de la ville. Projet lauréat « runner up »

 

.Une méthodologie dynamique

Construire avec l’invisible dans une ville en renouvellement constant, en projet, créer une (re)génération de la ville soutenable très économe en énergie et respectueuse des êtres vivants et de leurs relations réciproques , mettre en relation les notions d’écologie, de paysagisme, de philosophie en lien avec les observations de terrain…tout un programme de permaculture que nous nous proposons d’inventer à Preux.

Nous proposons une méthodologie dynamique, pour un projet urbain défini mais non figé, qui prend en compte la complexité urbaine :

. En termes de temporalités, dans une considération du temps court dans le temps long de l’urbanisme;

. En termes d’acteurs, confrontant les intérêts privés au projet collectif

. En termes d’espace, en dialoguant entre les différentes échelles, de l’échelle “micro” au projet d’ampleur;
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.Quatre leviers

La méthodologie est définie à partir de plusieurs leviers identifiés en croisant les problématiques urbaines propre à la commune de Saint Herblain et celles spécifiques au quartier de Preux.

 

Multiplier les polarités et répartir les vitesses

Répartir et animer les polarités
Espacer les vitesses au lieu de les juxtaposer sur le même axe. Utiliser les infiltrations internes pour les vitesses plus douces.
Mailler le territoire pour connecter les vitesses entre elles et les relier aux points nodaux de transition de vitesse.
La diversification des vitesses doit être accentuée.

 

Saisir les vitesses et gérer leurs transitions

Saisir les vitesses rapides qui passent dans St Herblain
Activer les portes d’entrée des quartiers et identifier les ruptures de charges de ces vitesses.
Utiliser les portes d’entrée comme des transitions de vitesses et de rythmes urbains.
Lier les ruptures de charges à la maille diffuse de mobilité (comme les connexions piétonnes aux arrêts de tram et de C3)pour s’adapter aux vitesses.

 

Penser la ville par le vivant

Renforcer les continuités paysagères et aménager les écotones pour absorber les infrastructures.
Développer un paysage urbain évolutif et infiltré par le vivant.
Préserver le végétal et le ramifier le végétal en densifiant les surfaces imperméables.
Préserver les surfaces perméables qui régulent les îlots de chaleurs urbains et la gestion de l’eau.

 

Redonner de l’identité au monofonctionnel

Apporter de nouveaux usages dans les poches monofonctionnelles.
Mettre en perspective les repères paysagers et bâtis.
Laisser l’imaginaire et la mémoire apparaitre ou se réinventer.

 

.Dynamiques : transect et phasage

Face aux enjeux du site et du thème, notre positionnement a été de proposer une méthodologie dynamique qui part des problématiques locales et se base sur un processus itératif. Nous proposons l’auto-reconstruction du quartier de Preux, à partir d’éléments déclencheurs de plusieurs dynamiques urbaines, dans une logique de renouvellement permanent.

La force de ces dynamiques, de ces processus, réside dans le fait qu’ils ne soient ni dépendants les uns des autres, ni dépendants d’un phasage d’aménagement d’ensemble, mais qu’ils se nourrissent entre eux et se recoupent de manière complémentaire. Autour de 4 processus nous proposons des réponses pour le quartier mais elles ne sont pas exhaustives. Ces premiers processus ne demandent qu’à être enrichis par d’autres initiatives.

Les processus s’initient et se constituent autour du temps court de l’évènement et du quotidien face au processus lent de l’échelle macro, de l’imbrication des dynamiques du territoire avec les particularités du quartier, et d’une mise en confrontation des intérêts privés et collectifs. Illuminer des polarités pour inclure le quartier dans un tissu urbain global, tout en refusant le présupposer le devenir local des polarités identifiées.

Reconsidérer qu’une ville n’est jamais finie, en chantier continu, donne sa chance à la négociation, et à la possibilité d’altération des projets urbains grande échelle par l’échelle vécue, vers une cohérence du vivre ensemble.

1 Intensification fertile vers le grand paysage
2 Absorber les territoires inertes et les infrastructures
3 Repenser la proximité
4 Art de vivre Preusien

 

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.4 L’art de vivre Preusien

Nous avons intitulé une des dynamiques « L’Art d’habiter Preusien ». Elle s’articule autour de la question du logement, et des espaces partagés, en s’appuyant sur les manières de vivre à Preux.

 

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Place de Preux : court terme, moyen terme, long terme.

Court Terme : Restituer et discuter

Sur la place de Preux, pivot de l’imaginaire du quartier, une réflexion est menée sur l’évolution de l’architecture en accord avec les usages et aspirations des habitants. Un lieu de réflexion, témoin de la rénovation du quartier, s’installe en rez-de-chaussée de la Place. Il permet d’informer et de discuter sur 2 grands thèmes :
La réhabilitation des logements, à la fois thermique et de travail sur les typologies.
L’espace public et partagé, l’interaction des RDC avec ces espaces.

Les commerces veulent quitter la place de Preux et s’installent sur la rue Pablo Neruda. Les rez de chaussée peuvent être ainsi réactivés et questionnés, avec le logement, ou les espaces communs.

 

Moyen terme : Apprivoiser

Grâce aux discussions et à la réflexion menée dans le logement témoin, un premier aménagement paysager est mis en place sur la place de Preux, tout en favorisant l’appropriation de l’espace public par les habitants, en espace de jardins ou espaces communs en pied d’immeuble.
Ainsi le statut de l’espace public et ses usages est questionné en testant des propositions.

La réhabilitation des logements est amorcée, avec la présence d’une opération tiroir, la construction de nouveaux logements sur Pablo Neruda et le déplacement des populations. Ainsi les premiers travaux peuvent commencer. Le lieu témoin devient un lieu d’information sur les travaux également.

La place de Preux s’inscrit sur un axe structurant Est-Ouest relié à d’autres polarités au sein du quartier, notamment sur Léo Lagrange avec la mutation des bâtiments communs.

– Le long de la liaison verte et en parallèle des interventions sur les logements, les placettes de Preux sont requalifiées et des rez de chaussés s’ouvrent sur ce nouvel axe passant. Un lien est travaillé entre les espaces semi-privés appropriables par les habitants et l’espace public.

 

Long terme

La réhabilitation des logements s’étend.
Certains habitants trouvent un nouveau confort qui répond mieux à leurs besoins dans des logements à typologie différentes, place de preux ou à proximité dans le quartier.
Au gré des rénovations thermiques, les typologies existantes sont parfois redivisées parfois groupées pour former des colocations.

Ce qui aura été testé, conçu, discuté, sur la place, pourra s’exporter, inspirer et alimenter d’autres espaces, notamment le long de l’axe structurant, dans les cours d’immeubles, ou au pied des habitations.
La place de Preux deviendrait de plus en fertile avec les activités de rencontre, diverses et variés, les espaces communs créer en rez-de chaussée, les espaces de jardinages appropriés.

– La liaison verte se développe le long des bâtiments de la Place léo Lagrange. Dans cet ensemble bâti à reconvertir ont été installées des serres communes, et s’y ajoute une crèche d’entreprises tournée vers la Z.A. couplée à une maison de quartier, lieu d’activités périscolaires. Un appel est lancé pour la mise en place de pépinières pour jeunes entreprises.

Cette réflexion alimente la mutation des placettes (telle que louise michel), de garages autour qui évoluent dans le cadre d’un scénario parallèle autour de la question du stationnement.

 

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